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Les pompes à chaleur en plein boom en Europe depuis la guerre en Iran

Publié le 04/05/2026
Boosté par l’envolée des prix des combustibles fossiles liée aux tensions au Moyen-Orient, le marché européen de la pompe à chaleur reprend des couleurs. Au premier trimestre 2026, les ventes ont progressé de 21 % en France. Si ce rebond marque un tournant après plusieurs années de recul, la pérennité de cette dynamique reste fortement liée aux dispositifs d'aides publiques à l'achat.

La flambée des combustibles peut-elle accélérer le virage vert de l’économie? Au cours du premier trimestre, les ventes de pompes à chaleur (PAC) résidentielles ont progressé de 21% en France, selon les données de l'Association européenne des pompes à chaleur (EHPA) relayées par le Financial Times. Dans l’Hexagone, premier marché du continent, les ventes ont franchi la barre des 300.000 unités sur cette période.

Des hausses significatives ont également été enregistrées en Allemagne (+34%), en Pologne, en Finlande et en Belgique. Les données mensuelles finlandaises font même état d'une augmentation de 71% des unités vendues en mars par rapport à l'année précédente. Sur les douze pays pour lesquels des données ont été fournies, la croissance moyenne s'établit à 16,5%.

 

Un effet de la crise au Moyen-Orient ?

Ces chiffres suggèrent que les technologies vertes profitent de la flambée des prix des combustibles fossiles provoquée par la guerre en Iran, avance le quotidien britannique. En effet, les prix de l'électricité n'ont pas progressé dans les mêmes proportions que ceux du gaz ou du pétrole au sein de l'Union européenne.

Il tempère toutefois en rappelant que le soutien des gouvernements reste crucial : "Les pompes à chaleur se portent mieux là où les taxes sont les plus basses."

 

Mais ces chiffres sont à relativiser. Car malgré ce rebond, les ventes restent inférieures aux niveaux de 2022. Dans les pays où les programmes de subventions ont été supprimés ou modifiés, comme en Autriche ou aux Pays-Bas, les résultats du premier trimestre 2026 sont en repli par rapport à l'an dernier.

Le marché français rebondit après des années de recul

En France, par exemple, le marché avait été divisé par deux, passant de 355.000 PAC air-eau vendues en France en 2022 à 185.000 en 2025. La faute à une demande atone, du fait d'un "stop & go" sur les aides à l'installation comme Ma Prime Rénov', mais aussi de nombreux cas de fraudes, couplés à un manque de visibilité des ménages sur les prix de l'énergie. Dans ce contexte, cette hausse des ventes est une bonne nouvelle pour le secteur.

D’autant que le gouvernement a fixé un nouvel objectif pour la filière dans le cadre de son plan d'électrification annoncé en avril: installer 1 million de pompes à chaleur par an dans les logements français d’ici 2030, notamment grâce à un système de "leasing social" (location longue durée) sur la pompe à chaleur, à l'image de ce qui se fait depuis plusieurs années pour les véhicules électriques. Le principe: étaler le coût d'installation en plusieurs paiements mensuels sur une durée de trois ans.

Réduire la dépendance européenne aux énergies fossiles

Bruxelles espère que ce genre de dispositifs permettra d’encourager les installations et de renouer avec la dynamique des années précédentes. Entre 2015 et 2025, les ventes de pompes à chaleur en Europe ont plus que doublé pour atteindre 2,35 millions d'unités. L'envolée des prix du gaz suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie avait propulsé le marché à plus de 3 millions d'unités en 2022, avant un reflux causé par la baisse des cours du gaz et l'arrêt de certaines aides publiques. Le maintien des subventions est jugé indispensable car, si les coûts d'utilisation des pompes à chaleur sont souvent faibles, leur installation demeure bien plus onéreuse que celle d'une chaudière à gaz traditionnelle

Désormais, la Commission incite les États membres à adopter des dispositifs fiscaux ou de financement préférentiels afin de porter les ventes à environ 4 millions d'unités par an d'ici 2030, une ambition qui permettrait de réduire la consommation d'énergie d'au moins 16 % et, dans le même mouvement, de réduire la part des énergies fossiles dans le mix énergétique européen.

Interrogé par le FT, le directeur général du groupe allemand Vaillant, Norbert Schiedeck, l'un des leaders du secteur, confirme un regain d'intérêt tout en restant prudent. Pour lui, il est trop tôt pour prédire un boom identique à celui de l'après-invasion de l'Ukraine, soulignant qu'une "cohérence" dans les politiques d'aide est nécessaire.

Selon lui, la situation diffère de celle de 2022 : si les pénuries de gaz avaient alors provoqué une explosion immédiate de la demande, "il n’y a pas, cette fois, de problème d’approvisionnement de la même ampleur".

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