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HÔPITAL DUCUING, HÉRITAGE DE LA RÉSISTANCE ESPAGNOLE

Publiée le 28/02/2020

L’hôpital Joseph-Ducuing, héritier de la résistance espagnole

Dans le quartier Saint-Cyprien, l’hôpital Joseph-Ducuing est un témoin de la forte présence de réfugiés républicains espagnols à Toulouse à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après le coup d’État de Franco et la guerre civile, beaucoup de républicains espagnols se réfugient en France, notamment à Toulouse. Nombreux sont ceux qui rejoignent la Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale en intégrant les Forces Françaises Intérieures (FFI).

L’hôpital des unités de résistance espagnoles

En 1944, l’état-major de l’Agrupacion de guerilleros españoles FFI de Toulouse crée un hôpital dans un château de la rue de Varsovie. Baptisé tout simplement hôpital Varsovie, il accueille les blessés des unités de résistants espagnols qui sont soignés par des médecins catalans, également membres de la Résistance. En octobre de la même année, l’opération Reconquista de España, visant à renverser Franco, reçoit un coup d’arrêt définitif avec la tentative ratée de l’invasion du Val d’Aran. Les blessés affluent à Toulouse, où ils sont pris en charge à l’hôpital Varsovie. L’établissement fonctionne alors avec des médecins bénévoles et des fonds obtenus grâce à un mouvement de solidarité international, notamment emmené par les organisations américaines Unitarian Service Committee (Usc) et Joint Anti-Fascist Refugee Committee (Jafrc). Celle-ci compte parmi ses membres les plus éminents Albert Einstein, Pablo Picasso, Leonard Bernstein, ou encore Eleanor Roosevelt. L’hôpital reçoit aussi le soutien d’artistes et d’intellectuels français comme le poète Paul Eluard.

Des soins gratuits pour les réfugiés

À la fin de la guerre, Toulouse compte environ 200 000 réfugiés espagnols. Désormais, tous, civils ou militaires, peuvent être soignés gratuitement à Varsovie qui devient un hôpital civil. L’ensemble du personnel est espagnol, pour la plupart communiste, et n’est pas autorisé à soigner d’autres patients que ses compatriotes.

Victime de la Guerre froide

En 1950, le conflit larvé entre les blocs soviétique et occidental conduit en France à l’interdiction et l’arrestation des associations étrangères suspectées d’entretenir des liens avec les communistes. L’Amicale des anciens FFI et résistants espagnols, qui gère l’hôpital, est dissoute et l’équipe de direction ainsi que plusieurs médecins sont arrêtés et déportés en Corse, puis en Algérie. En outre, l’hôpital perd également ses soutiens américains, à cause du maccarthysme.

Pour une médecine sociale

La direction est aussitôt confiée au professeur Joseph Ducuing. Très vite, une nouvelle résistance, médicale, s’organise autour du professeur pour préserver l’idée, chère à l’établissement, d’une médecine humaine accessible à tous. Une association à but non lucratif, les Amis de la médecine sociale, est créée et devient le nouveau gestionnaire de l’hôpital. En 1976, l’hôpital désormais baptisé Joseph-Ducuing intègre le service public hospitalier.

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