Ce que l'encadrement des loyers fait gagner aux locataires
Le logement représente une part importante du budget des ménages, particulièrement pour les locataires du parc privé. Dans les territoires où la demande est supérieure à l'offre, les loyers peuvent rapidement atteindre des niveaux élevés. Pour tenter de contenir ces hausses, l'encadrement des loyers, instauré par la loi ELAN, fixe un plafond au montant pouvant être demandé par les propriétaires. Mis en place à partir de 2019, le dispositif s'applique aujourd'hui dans près de 70 villes et agglomérations situées en zone tendue.
Quel est l'impact de ce dispositif sur le portefeuille des locataires ? Pour tenter de répondre à cette question, Que Choisir Ensemble a étudié une cinquantaine de villes et agglomérations. L'association s'est appuyée sur les estimations de baisse des loyers liées à l'encadrement retenues dans une étude de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) publiée en 2025. Dans ses calculs, Que Choisir Ensemble retient une baisse potentielle d'environ 5% des loyers hors Ile-de-France et de 8% à Paris et en Ile-de-France.
Un gain potentiel de 500 euros par an
A Paris, le gain potentiel atteindrait ainsi près de 1 700 euros par an. A Lyon, Bordeaux et Montpellier, il serait d'environ 530 euros. Dans les autres zones tendues étudiées, l'économie potentielle tournerait autour de 500 euros par an. Que Choisir Ensemble estime également que l'extension du dispositif à l'ensemble des zones tendues permettrait de réduire davantage la facture des locataires. L'association évalue le gain potentiel à près de 640 euros par an à Strasbourg, à plus de 600 euros à Nice et à environ 580 euros à Annecy. À Toulouse et dans l'agglomération Aix-Marseille, l'économie pourrait atteindre environ 530 euros par an.
Ces montants restent toutefois des estimations. Ils ne correspondent pas à une somme automatiquement économisée par chaque locataire : le gain dépend notamment du niveau du loyer et des caractéristiques du logement. L'encadrement des loyers pourrait toutefois connaître un coup d'arrêt. L'expérimentation doit prendre fin le 25 novembre 2026 si le projet de loi Echaniz n'est pas adopté par le Sénat. Que Choisir Ensemble appelle donc à pérenniser et à étendre le dispositif, qu'elle présente comme un outil de protection du pouvoir d'achat des locataires.